La gang de St-Donat-de-Montcalm

par Luc Labrèche

La Traversée de Charlevoix Édition 2008

La Traversée de Charlevoix

Édition 2008

Projet de plein air initié par Jacques Angers

L’envoi des documents explicatifs

se fait le 20 octobre 2007

La première rencontre

a lieu

le 29 décembre 2007

au café Log

à St-Donat

29 décembre 2007

Première rencontre

Au café Log, à St-Donat, pour 16 h 30

Étaient présents à cette belle rencontre; Lise Charbonneau et Pierre Lamarre, Diane et Gilles Malboeuf, Pierre Bertrand, Michel Gravel, Jacques Boudreau, Julien Boudreau, Jacques Angers, Jacques Deguire, Jean Dupuis, Bernard Béland, Raymond Lahaie, Pierrette Wolfe et Luc Labrèche.

Le départ de cette belle aventure est pour le 8 mars 2008, un samedi matin, à 10 h.

Les renseignements fusent sur l’équipement, les soupers et déjeuners, etc.

Les tâches sont allouées, la machine est en marche.

23 février 2008

Deuxième et dernière rencontre

Au mont Garceau, à St-Donat, pour 17 h

Étaient présents; Pierre Lamarre, Jacques Deguire, Michel Gravel, Pierre Bertrand, Jacques Boudreau, Diane et Gilles Malboeuf, Raymond Lahaie, Bernard Béland, Jacques Angers, Jean Dupuis, Pierrette Wolfe et Luc Labrèche.

Les derniers préparatifs en prévision du samedi 8 mars, pour 9 h 30 finalement.

Des suggestions de menu, pour les repas du midi avec les aliments à privilégier, nous sont fournies par des documents que Jacques Angers a trouvés.

Le point de rencontre pour débuter l’aventure est fixé chez Jean Dupuis.

Samedi 8 mars 2008

C’est le grand jour, tout le monde se présente chez Jean Dupuis avec leur équipement et leur bouffe. Les véhicules sont remplis au maximum et certains croient même qu’il va manquer de place. Mais après de savantes manœuvres tout est placé pour gagner les plus petits recoins. Comme prévu le départ a lieu à 9 h 30. Raymond Lahaie partage son véhicule avec Bernard Béland et Pierre Bertrand. Jacques Boudreau avec son frère Julien.

Michel Gravel utilise son véhicule avec à son bord Diane et Gilles Malboeuf, Jacques Angers et Jean Dupuis. Jacques Deguire et Pierre Lamarre partage le camion de Jacques avec tous les bagages et les skis. Les bacs de nourriture y trouvent même une place.

La joyeuse équipée se suit à la queue leu leu jusqu’à St-Alexis-de-Montcalm, dans la plaine comme certains aiment le répéter, pour prendre au passage Luc Labrèche, l’écrivain assigné ou le scribe. Les bagages de Luc sont distribués dans 3 véhicules. Un peu plus et il était de trop.

La tempête est près de nous, de grosses accumulations sont prévues malgré les 10 centimètres tombés dans la nuit de vendredi à samedi. La caravane se dirige vers Berthier, au Mikes de Guy Lafleur pour le dîner. La neige commence à tomber et elle s’accentue à la sortie du restaurant.

Après quelques kilomètres, nous devançons la tempête et ses bourrasques jusqu’aux environs de Québec. Mais ensuite le reste du trajet se fait sous la neige et la poudrerie avec parfois une visibilité réduite.

Nous arrivons à l’Hôtel Baie St-Paul vers 16 h 30. Nous déchargeons nos bagages et nos skis pour ensuite remiser le tout dans nos chambres après avoir récupérer nos clefs.

Tout le monde réembarque dans leur véhicule respectif pour se diriger vers St-Urbain et rencontrer Eudore Fortin, le responsable de La Traversée de Charlevoix.

Malheureusement Eudore est parti à La Malbaie pour convoyer des véhicules de participants. Ça nous donne l’occasion d’aller prendre une bière à Baie St-Paul, dans une micro-brasserie, la Charlevoix et décompresser avec tout le millage fait depuis St-Donat

.

Finalement nous retournons chez Eudore vers 18 h 30 où nous débarquons les contenants de nourriture et procédons à notre inscription. L’endroit est charmant mais un peu bas pour quelques-uns qui se frottent encore la tête de douleur. Les renseignements fusent de la part d’Eudore sur le parcours et les endroits où nous devons passer avec plus de précaution et ceux qui sont à éviter.

Nous sommes de retour à l’Hôtel vers 20 h pour déguster notre souper. Nous avons droit à une salle à l’écart, pour plus d’intimité. Nous regagnons nos chambres vers 23 h pour dormir du sommeil du skieur fébrile.

Dimanche 9 mars 2008

Un réveil sous la neige, le dimanche matin, avec de grosses accumulations et des routes fermées un peu partout au Québec.

Après un bon déjeuner pris au restaurant de l’hôtel, nous fixons le départ pour 8 h 00 mais tout se complète pour partir vers 8 h 45 et sous la neige qui ne semble pas vouloir s’arrêter.

Nous sommes chanceux d’être capable de nous rendre jusqu’à St-Urbain car la 138 est fermée en direction de Tadoussac et vers Québec. Nous arrêtons chez Eudore pour décharger nos bagages et ensuite reprendre la route 381 en direction de la Z.E.C. des Martres, notre point de départ. Avec toute cette neige, nous laissons les véhicules sur la route car le stationnement est inaccessible. Chacun enfile son équipement et à tour de rôle glisse sur ses skis.

Nous commençons à voir le soleil et le ciel bleu. Sans le savoir ce seront les prémices d’une semaine de rêve. La neige est abondante et légère, ceux qui tracent les premiers sillons n’en croient pas leurs yeux. Nous devons nous relayer souvent pour ouvrir le sentier, ou battre la trail en jargon de skieurs hors-piste. Bientôt nous longeons le lac à l’Écluse avec comme arrière-plan des escarpements rocheux.

Nous glissons sur 4 kilomètres pendant 1 heure, en terrain plat, jusqu’au chalet de l’Écureuil où nous dînons à la chaleur car un groupe y a passé la fin de semaine.

Pendant notre repas, un autre skieur arrive chargé comme un mulet. C’est Côme Bouchard, un gars natif de St-Urbain, qui voulait tenter, en solitaire et en refuge, de faire la Traversée de Charlevoix pour fêter ses quarante ans. Nous l’intégrons à notre groupe et il est bien content d’avoir des amis pour l’accompagner avec toute cette neige. C’est un hasard des plus heureux et de bon augure car il est le 14ième enfant chez lui et le 14ième de notre groupe. C’est le bébé de la gang et après avoir fait la somme de nos âges respectifs, la moyenne se situe à 61 ans. Avec une femme dans le groupe, Diane Malboeuf, le tout va être encore plus crédible. Côme va nous accompagner pendant toute la Traversée. Son humour, ses belles chansons et son entrain ajouteront du piquant. Avec le recul, quelle chance nous avons eu de le rencontrer! On le dit souvent; dans les voyages ce ne sont pas toujours les paysages dont on se souvient, mais les gens.

Après le dîner c’est plus rock and roll avec beaucoup de descentes et de montées, sans parler des ponts où l’on s’engage sur un étroit trottoir haut de 4 à 5 pieds de neige. Impressionnant la première fois.

À un endroit, nous passons près de perdre notre doyen, Pierre Bertrand. Pensant contempler le paysage durant une pause, il se retrouve en mauvaise posture au pied d’un sapin avec de la neige jusqu’aux épaules. Malgré le port de ses skis, il s’est enfoncé dans la neige en un rien de temps. Je lui suggère de mettre sa tuque car avec ses cheveux blancs et sa barbe, il est comme un lièvre, il se fond dans le paysage.

Nous poursuivons notre route pour atteindre de belles descentes longues et sinueuses. Mais à 7 ou 8 kilomètres de la Marmotte, nous devons nous taper des montées pas piquées des vers. C’est ardu car le groupe commence à ressentir la fatigue. Mais nous passons à travers, et bientôt c’est l’arrivée au chalet de la Marmotte sous les cris de joie à 18 h 30.

Jacques Angers offre à Côme de passer la nuit avec nous en profitant des commodités du chalet et d’un repas en groupe. Le lendemain, Jacques et Michel Gravel vont soulager Côme du poids de son matelas et de quelques accessoires qu’ils vont intégrer à leurs bagages. Ceci permettra à Côme de poursuivre plus facilement vu les conditions exceptionnelles d’enneigement qui prévalent.

Le souper est dégusté avec appétit et tout le monde y trouve son compte. Diane et Gilles Malboeuf nous ont servi en entrée, une terrine de foie de poulet au porto et raisin, un vrai délice. Ensuite une bonne sauce à spaghetti afin d’énergiser les skieurs pour le lendemain. Le tout couronné par un gâteau aux dattes préparer par Luc Labrèche.

Au lit vers 9 h 30 pour les plus fourbus. Les plus jeunes (Pierre Bertrand, Côme et autres…) en profitent pour faire une petite partie de Dame de pique au coin du feu.

Jacques Deguire et Côme prennent le contrôle du feu pour la nuit en couchant en bas mais l’un des deux ou les deux s’avèrent un peu frileux selon les locataires du 2ième , qui eux ont des montées de chaleur. Nous apprendrons par la suite à craquer les fenêtres du haut pour un sommeil plus oxygéné et moins chaud.

Lundi 10 mars 2008

À 6 h 30 du matin c’est le réveil avec le chant des oiseaux de Pierre Lamarre, un réveil matin version plein air qui fait rigoler tout le monde et qui démarre bien une journée. Un coup d’œil dehors et Ô surprise! le soleil brille de tous ses feux.

À tour de rôle, nous descendons et préparons notre petit déjeuner et quand je dis petit, c’est une façon de parler…

Le départ est fixé à 9 h. Tout le monde est prêt à l’heure dite. Durant la nuit, le mercure est descendu à -240C, au départ c’est déjà plus chaud.

La cadence est bonne même si on grimpe sur 2 kilomètres dès le début. Nous empruntons le parcours de motoneige sur une courte distance pour ensuite recommencer à grimper. Il fait tellement beau que la bonne humeur règne malgré l’effort.

Nous goûtons à quelques belles descentes. Ceux qui sont équipés avec des skis larges et de bonnes bottes se régalent tandis que moi et d’autres chutons de façon magistrale sous les moqueries et applaudissements. Pour sa part Michel Gravel en a des crampes au ventre tellement il rigole.

D’un commun accord, nous décidons de faire la boucle par le sommet de la Noyée. Nous ne le regretterons pas car à partir du mi-parcours, les points de vue et les paysages seront de toute beauté, des montagnes enneigées à couper le souffle. En identifiant notre point de départ (le chalet de la Marmotte que nous situons de l’autre côté de la vallée) nous sommes surpris de constater tout le chemin que nous avons parcouru.

Après quelques hésitations sur notre trajectoire, nous parvenons à trouver notre route jusqu’au chemin de la Noyée. À 887 mètres, nous pouvons admirer et ce sur 360 degrés, les montagnes, le fleuve, le mont Grand-Fonds et même le Massif de la Petite Rivière St-François.

Tout le monde est unanime, la montée valait le coup pour se régaler de ces paysages.

Le reste du trajet en quittant le sommet se fait en partie en descente, ça commence à sentir le chalet. Nous l’apercevons même près de la ligne d’Hydro Québec. Les 2 derniers kilomètres se font en montée, question de bien mériter sa bière et le repas du soir préparé par Jean Dupuis et Jacques Deguire.

Nous arrivons au sentier de motoneige de nos ravitailleurs après une dernière descente. L’arrivée a lieu à 16 h au chalet de La Chouette . Une belle heure car cela permet à tout le monde de s’installer tranquillement et de relaxer avant le souper. Après une bonne bière, Jean Dupuis et Jacques Deguire fixe le souper à 18 h.

À l’heure dite, tout est prêt. Le groupe s’installe autour de la table pour dévorer le bœuf bourguignon et les pâtes aux œufs de maman Françoise Deguire. Sans la contribution féminine, cette expédition aurait tourné à la catastrophe, tenez-vous le pour dit!!!!

Le dessert, un gâteau aux carottes garni d’un crémage au fromage, concocté par Pierre Lamarre était délicieux (nous soupçonnons une certaine Lise Charbonneau d’y avoir mis du sien malgré un plaidoyer de Pierre affirmant le contraire). Une carte de fête le décorait pour souligner les 60 ans de Gilles Malboeuf, le lendemain 11 mars.

On rigole bien avec quelques bonnes blagues. La veillée se passe rapidement avec les papotages du groupe sur les faits cocasses de la journée.

Les joueurs de cartes s’installent. Les plus vieux décident d’aller au plumard. Décidément ces chalets sont très confortables.

CHALET DE LA CHOUETTE

Mardi 11 mars 2008

Le réveil de Pierre Lamarre nous tire de notre torpeur à 6 h 30 après une nuit réparatrice pour tout le monde.

Tout se passe rapidement pour le déjeuner, nos bagages sont refaits avec minutie dans leur sac respectif. Le groupe est prêt, ou presque, à 8 h 45.

Le soleil n’en finit plus d’affirmer sa présence, c’est pratiquement le 15ième compagnon qui nous manquait et il nous guidera toute la journée. Après une consultation toute démocratique, le groupe décide de prendre la boucle vers le point de vue de la rivière Malbaie et ensuite de se diriger vers le chalet du Geai Bleu pour une distance de 19.4 kilomètres selon les cartes.

Nous débutons tout de suite par une montée, question de digérer notre petit déjeuner. Bientôt nous arrivons au refuge du Bihoreau mais la montée continue jusqu’au dîner, après avoir franchi 7 kilomètres.

Bien à l’abri du vent, le soleil qui nous chauffe la couenne, nous avalons notre repas avec une vue superbe sur les montagnes et la rivière Malbaie. Nous enfilons nos skis pour nous régaler de descentes mémorables où certains y vont de toute leur technique en télémark. De toute beauté à voir et surtout à goûter pour les novices qui les imitent tant bien que mal. Pour moi ce seront les plus belles descentes de la Traversée.

Nous arrivons à un sentier de motoneige, bifurquons à gauche et reprenons notre trajet. Les courbes et les descentes se succèdent jusqu’au pont enjambant la rivière Malbaie. Un abri avec des bancs nous permet de souffler un peu et aussi de se pincer pour être certain que l’on a bien vécu ses belles descentes. Nous sommes passés de 850 mètres à 213 mètres en peu de temps. Nous repartons en petit groupe pour entreprendre les 5.9 derniers kilomètres jusqu’au chalet du Geai bleu.

Mais notre 15ième compagnon est en feu et chauffe la neige. Cela nous cause des problèmes de glisse le long de la rivière. Certains installent leur peau de phoque tandis que d’autres rament pour avancer. Mais en regagnant l’ombre de la forêt, la neige colle à nouveau, autant en dessous qu’en dessus, question de nous ralentir. Les 4 derniers kilomètres ne sont pas faciles, mais le relais se fait plus souvent à l’avant pour ouvrir le chemin. Nous nous dirigeons vers le sentier de l’Érablière où les arbres sont très hauts avec comme arrière-plan des contreforts qui se dressent à 800 mètres et plus, superbe. Sur le site de la Traversée, on la décrivait comme une érablière à ormes et à frênes avec des arbres datant de plus de 300 ans.

Enfin le chalet fait sentir sa présence par un panneau l’indiquant. À 16 h 50 nous plantons nos skis dans la neige face au chalet du Geai Bleu. La bière est bonne après cette journée mémorable. On en profite pour déguster les entrées de Pierre Bertrand et de Raymond Lahaie.

On s’installe, on vide nos sacs à bagages et bientôt le souper est prêt. Un couscous agneau, poulet et saucisses Merguez (délicieux) nous redonne de l’énergie. Pour dessert, les carrés aux dattes de Pierre Bertrand.

Côme s’installe à son refuge le Prophète. Il se joindra à nous pour le souper et nous pourrons apprécier ses talents de conteur avec ses bonnes blagues. Quand les cartes sortent de leur boîte, plusieurs se dirigent vers leur sac de couchage pour y trouver le sommeil du juste…trop fatigué pour continuer à veiller.

LE GEAI BLEU

Mercredi 12 mars 2008

Le réveil se fait tout naturellement, sans cadran à 6 h 45, après une bonne nuit accompagnée des ronflements de certains plus talentueux que d’autres. Pierre Bertrand et Jean Dupuis ont préféré coucher au rez-de-chaussée et surveiller jalousement l’alimentation du poêle pour éviter une surchauffe.

Malgré une nuit froide, à 9 h il fait déjà -40 C avec un soleil toujours présent. Un fidèle compagnon.

Nous sommes moins angoissés, fébriles serait plus approprié, ce matin car le trajet est plus court. Nous prenons notre temps pour déjeuner et ensuite remisons nos choses avant le fartage de nos skis. Certains installent tout de suite leur peau de phoque tandis que d’autres y vont de leur recette de fart pour avancer gaiement.

Les amateurs de photographies s’en donnent à cœur joie, avant le départ. Le chalet dans son environnement est le mieux situé avec la rivière Malbaie et les montagnes en arrière-plan.

Le départ est donné finalement à 9 h. Côme a couché dans son refuge Le Prophète, il a bien apprécié l’endroit et son poêle.

Le groupe file à la queue leu leu à bonne vitesse car la neige se travaille bien. Les premiers kilomètres se font facilement car ça grimpe en douceur. Le soleil, notre 15ième compagnon, est toujours présent et ceux qui ouvrent en suent un coup.

Nous sortons du bois, gagnons le point de vue d’où nous pouvons contempler les montagnes. Ceux qui n’avaient pas leur peau de phoque en profitent pour les installer. Bonne décision car on continue à monter. Nous atteignons la borne où le cellulaire a une bonne réception. Julien en profite pour tester le sien. Tourne d’un bord, tourne de l’autre, soudain la réception est établie et il peut donner des nouvelles fraîches à ses proches

Nous parcourons encore un kilomètre avant de nous arrêter déguster notre lunch à flanc de montagne, avec le soleil dans le dos et de superbes montagnes face à nous.

Après le dîner, on se régale dans quelques descentes, mais la neige est lourde et le dénivelé pas assez prononcé pour que nos experts en télémark se régalent.

Les kilomètres s’additionnent et ça commence à sentir le chalet. Nous voyons à plusieurs endroits qu’il y a beaucoup de neige. Nous devons éviter un ou deux ponts qui en ont assez pour qu’un acrobate du cirque du soleil soit le seul capable de s’y engager.

L’arrivée au chalet du Coyote se fait à 15 h 38 précisément sous un couvert nuageux et quelques flocons. Côme se dirige vers son refuge Le Donohue où il devra faire un bon ménage et pelleter un brin pour fermer la porte de sa bécosse qui avait été laissée ouverte.

Le souper est préparé par Bernard Béland, Julien et Jacques Boudreau. Un bouilli, fait pour nourrir au moins 20 personnes, accompagné de belles grosses miches de pain. Au dessert Pierre Lamarre nous a servi un gâteau blanc garni de crémage et d’un coulis. Un régal, bravo les gars.

Après le souper, les joueurs de cartes remettent ça. Côme, Jacques D., Raymond, Michel et Pierre B..

Jacques Angers sort son jeu de Parking avec petites autos et camions et nous devons nous creuser les méninges pour faire sortir la petite auto rouge du stationnement.

Graduellement chacun gagne son sac de couchage pour une nuit de repos méritée.

Note du scribouillard : Une erreur du GPS a faussé la longueur totale du trajet qui doit être de 15.7 km et non de 21 km. Ceci est arrivé dans la 2ième section du parcours.

Jeudi 13 mars 2008

Ce matin le cadran nous sort de nos rêves à 7 h. C’est très froid, -240 C, mais le soleil brille de tous ses feux.

Le déjeuner se passe sans problème, chacun le prépare à sa façon. Ensuite les préparatifs vont bon train afin que le départ ait lieu à 9 h.

Pendant que nous prenons des photos de groupe, les gars de motoneige arrivent déjà pour le transport des valises et le restant des vivres.

Nous démarrons en lion par des montées et nous réchauffons la machine rapidement. Le trajet va se faire dans les bois, parfois denses, toute la journée avec peu de points de vue. Avec l’énorme quantité de neige, nous devons avancer dans un sentier non défriché et plein de branches à hauteur du visage.

Nous dînons au 10ième kilomètre dans une clairière au soleil, avec enfin quelques montagnes dans notre champ de vision. C’est encore froid malgré le soleil, -140 C à l’ombre, mais les conditions de neige sont parfaites pour la glisse et les montées.

C’est un parcours assez mélangeant pour ceux qui ouvrent et nous devons admettre qu’ils font un superbe job pour s’y retrouver, car, avec toute cette neige, on ne voit pas toujours les marques sur les arbres.

À 5 kilomètres de l’arrivée, Luc perd le tracé à la suite d’une belle descente. Le groupe finit par retrouver les jalons et le parcours par le fait même.

Nous arrivons à un sentier de motoneige, nous l’empruntons jusqu’au chalet de l’Épervier. La fin de l’étape a lieu à 16 h 10 sous les poussées de notre 15ième compagnon, le soleil radieux. Pour certains, à l’avant, les 4 derniers kilomètres se sont fait à bonne vitesse, question de se réchauffer ou l’envie irrésistible d’une bonne bière ?

Pour le souper, au menu, un délicieux macaroni sauce tomates à la viande, préparé par Jacques Angers et Michel Gravel. Disons plutôt Lucie, la conjointe de Jacques, pour faire court.

Au dessert, un gâteau aux bananes et chocolat de votre humble scribouillard, Luc. Une belle grosse chandelle garnit le morceau de Julien Boudreau qui célèbre ses 62 ans. Nous n’avions mis qu’une seule chandelle de peur que le souffle lui manque avec toutes ces montées, mais le brave Julien a des ressources insoupçonnables et de l’énergie à revendre.

Côme nous fait peur quand il se blesse, avant le souper, avec son petit couteau suisse, en essayant de couper le carton de la caisse de bière qu’il avait commandée aux motoneigistes de l’approvisionnement. Heureusement 2 médecins et 2 secouristes sont rapidement sur son cas pour le sauver, in extremis, d’une mort plus ou moins certaine. Il nous rassure en nous racontant qu’il n’y a pas de hache dans son refuge pour couper son petit bois. Nous n’osons pas imaginer ce qu’il aurait pu se faire avec tel outil quand il s’est presque coupé un pouce avec son petit couteau suisse!!!!!!

Dans la nuit, des loups nous souhaitent bonne chance pour le retour du lendemain, avec la plus belle mélopée répercutée par les montagnes.

BÉCOSSE DE L’ÉPERVIER

Vendredi 14 mars 2008

Réveil à 7 h sous la musique. C’est notre dernière journée et ça se sent. Une certaine frénésie se dégage lors du déjeuner et des préparatifs. Nous finissons à peine de nous habiller que déjà les motoneigistes arrivent pour leur dernier transport.

D’un commun accord, nous décidons d’emprunter les sentiers de ski de fond du mont Grand-Fonds. La piste de la Traversée étant bloquée par de nombreux arbres brisés selon les informations d’Eudore.

Ça roule vite, une moyenne au-dessus de 6 km/h, nous qui étions habitués de glisser dans un pied ou deux de neige.

Nous nous en donnons à cœur joie. À un embranchement, certains prennent la 6, une intermédiaire, tandis que d’autres y vont pour une descente dans la 7, une noire.

Le groupe ayant emprunté la 6 est invité au chalet des Lions par un gentil monsieur du coin, question de nous réchauffer il nous offre café, chocolat chaud et bouillon de poulet. Côme jase de sa nombreuse parenté avec le type en question et ça mémère fort.

Après cet arrêt au chalet, il ne nous reste qu’un petit 3 kilomètres. Nous le franchirons dans le temps de le dire. Nous apercevons les pistes de ski alpin du mont Grand-Fonds et chacun profite de ce moment, je présume, pour clore à sa façon cette belle randonnée dans Charlevoix.

La plupart des skieurs arrivent vers 11 h 45. Nous dînons au centre de ski d’un repas santé; poutine, hot-dog et pizza. Nous pouvons bien nous payer cette petite gourmandise après tous les efforts que nous avons déployés.

En récupérant nos véhicules, Côme nous propose d’aller admirer La Noyée en passant par St-Aimé-des-Lacs, Notre-Dame-des-Monts et St-Urbain. Malgré un ciel légèrement voilé La Noyée nous apparaît au loin. Côme nous explique d’où vient le nom « La Noyée ». Avec un peu d’imagination, nous apercevons la tête de la femme avec son sein et son ventre qui se dessinent.

Peu après nous arrivons au bureau de la Traversée de Charlevoix où Eudore nous accueille. Il est enchanté que nous ayons aimé notre périple. Nous descendons au sous-sol où nous pouvons enlever nos vêtements de ski de fond et récupérer nos bagages. Certains en profitent pour prendre une bonne douche.

Eudore distribue à tout le monde une attestation validant notre Traversée de Charlevoix. Un beau document que chacun gardera jalousement. Plusieurs en profitent pour acheter l’insigne attestant lui aussi, de notre passage dans cette belle région.

Le groupe se divise. Côme retourne chez lui après de nombreuses poignées de main et des : on se revoit et on se donne des nouvelles sur Internet.

Raymond Lahaie, Pierre Bertrand et Bernard Béland filent vers St-Donat.

Le reste du groupe se suit jusqu’à Berthier. Au St-Hubert on s’arrête pour un dernier repas en groupe, la barbe longue mais les yeux brillants…

Revoir les photos en diaporama