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Six jours d'une excursion en ski hors piste sur la Traversée de Charlevoix Par Claude Côté Après une nuit dans le grand calme de la nature, sinon quelques ronflements, on s’attable pour notre premier déjeuner collectif. Ce qui caractérise habituellement une expédition de plein air, c’est l’abondance et la richesse des menus. Sur les sept membres de l’équipe originale, cinq avaient la tâche de préparer chacun un déjeuner et un souper. Tous auront concocté des menus à la mesure des dépenses énergétiques de journées exigeantes. Pendant que certains s’affairent à terminer d’emballer sac de couchage, matelas de sol et menus bagages, les plus rapides s’attaquent à la vaisselle et au balai. Nous n’avons pas terminé que déjà Pascal, le sherpa motorisé de la Traversée de Charlevoix, s’amène avec son traîneau et sa motoneige pour prendre possession de nos bagages. Pendant la traversée, Pascal sera notre seul contact avec le monde extérieur. Les pires catastrophes peuvent bien se produire ailleurs sur la planète que nous n’en aurions aucun écho si ce n’est ce que Pascal peut nous raconter et encore faut-il que nous soyons encore sur place lors de sa venue. Avouons aussi qu’en pleine nature sauvage, notre quotidien se résume à l’univers qui nous entoure. S’il est un bulletin d’information qui soit digne d’attention ici, ce doit sûrement être les prévisions météo.
De retour sur nos skis, nous quittons le cratère de Charlevoix pour nous diriger vers une vallée glaciaire et par la suite entreprendre une longue montée qui nous conduira sur la Noyée. Cette montagne aux multiples sommets donne l’illusion, pour qui la regarde des basses terres entourant Notre-Dame-des-Monts, qu’il s’agit d’une femme enceinte se reposant sur le dos. Le tracé empruntant cette légendaire montagne est un développement récent. Son aménagement date de l’été 1999. C’est un rêve que caressait Eudore Fortin, le père de la Traversée de Charlevoix qui, avec l’ajout de ce nouveau circuit de cinq kilomètres, pouvait enfin nous faire découvrir des panoramas uniques jusque-là inaccessibles aux randonneurs.
La montée en altitude est riche de points de vue pour l’amateur de photos. La vallée glaciaire que nous avons empruntée ce matin se présente maintenant en un large panorama qui s’enfonce à l’est vers les premières terrasses d’effondrement du cratère de Charlevoix. Poursuivant notre route, nous accédons par la suite au second sommet de la Noyée, où nous voyons poindre alors toute la section est de l’astroblème de Charlevoix. Le ciel est clair et en direction de l’embouchure de la rivière Malbaie, nous apercevons la surface bleue du fleuve Saint-Laurent. Le paysage s’ouvre à nous sur 360 degrés.
Par la suite, nous amorçons la descente par la face nord-est de la montagne. Nous revenons à notre vallée glaciaire au fond de laquelle est situé le chalet La Chouette, notre refuge pour la nuit. Nous sommes encore élevés en altitude lorsque nous apercevons au loin un minuscule point vert au fond de cette vallée. C’est la couleur caractéristique des toitures de tous les chalets en bois rond de la traversée de Charlevoix. Le seul accroc à la beauté sauvage du paysage environnant est une ligne de haute tension qui relie Manic cinq à la vallée du Saint-Laurent. Malgré tout, les montagnes de l'arrière-pays demeurent beaucoup plus imposantes que la main de l'homme.
Nous arrivons au chalet assez tôt pour pouvoir encore profiter des chauds rayons du soleil. Bien assis à l’extérieur, l’apéritif à la main, nous jetons un coup d’œil aux cartes de la Traversée, question de se remémorer le parcours de la journée. |