Jour trois de la traversée
Six jours d'une excursion en ski hors piste 
sur la Traversée de Charlevoix
Par Claude Côté


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Sur la montagne sans nom, 
une vue sur la vallée et la faille des Hautes-Gorges

Ce matin, en quittant La Chouette, deux choix s’offrent à nous : 1) ou bien une boucle en direction nord qui ceinture une montagne sans nom, mais qui pourtant en mériterait un avec ses 1000 mètres d’altitude, et sa vue unique sur une vallée: les Hautes-Gorges de la rivière Malbaie  2) ou alors la voie directe, plus simple et plus facile, vers notre prochaine étape, le chalet Le Geai bleu. 

Nous choisirons un moyen terme, celui de ne faire que la dernière partie de la boucle qui connecte avec le sentier principal, soit une lente montée jusqu’à ce panorama convoité situé à 800 mètres d’altitude. Nous avons la chance d’admirer une fois de plus un paysage largement façonné par le passage des glaciers ainsi qu'une entorse à la croûte terrestre que l’on nomme ici la faille des Hautes-Gorges.


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Arrêt


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Longue descente vers la rivière Malbaie

De retour au sentier principal, nous poursuivons vers le nord-ouest passant du bassin versant de la rivière du Gouffre à celui de la rivière Malbaie. Ceci signifie que jusqu’ici tous les cours d’eau que nous avons rencontrés allaient rejoindre le fleuve par Baie-Saint-Paul et la rivière du Gouffre. Maintenant ils vont tous au Saint-Laurent par La Malbaie et la rivière du même nom.

Nous entamons maintenant une longue descente devant nous conduire jusqu’au pont de la rivière Malbaie, porte d’entrée du nouveau parc provincial des Hautes-gorges. De là nous suivons l’aval de la rivière. Le sentier longe la limite sud de la réserve écologique des Grands-Ormes, ce qui nous donne droit à un spectacle inattendu et inhabituel pour ce coin de pays car la piste s’ouvre soudainement sur une forêt que l’on nomme érablière à ormes et à frênes. Il y a de quoi se sentir minuscule devant ces arbres gigantesques datant de plus de 300 ans et dont la présence s’expliquerait en partie par le microclimat dont jouit la vallée largement exposée au soleil et protégée des vents par le mont des Érables juste à l’arrière.


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Incursion sur le sentier du mont des Érables, dans l'érablière à ormes

À l’intersection du sentier pédestre qui conduit au sommet du mont des Érables, nous nous permettons une belle incursion dans cette direction pour mieux observer ces arbres dont le diamètre dépasse parfois un mètre. Cette intrusion est la seule qui soit légalement permise car le sentier du mont des Érables est en fait une bande de terrain exclue de la réserve des Grands-Ormes. Rappelons-le, pour des raisons de protectionn, la présence humaine n’est pas tolérée dans les réserves écologiques sous peine de fortes amendes.

Ayant pris une forte avance sur le groupe, je profite de mon arrivée au chalet le Geai bleu pour m’imprégner de la beauté des montagnes environnantes et profiter du calme qui règne tout autour. Confortablement installé sur le balcon qui domine la rivière Malbaie, le regard accroché aux sommets qui ferment le paysage, je me permets de goûter à une forme de bonheur et de liberté qui ne se conjugue ici qu'au présent.

Sorti de mes pensées, je m’attaque à la préparation du repas du soir comme convenu puisque c’est mon tour de responsabilité. J’avais préparé deux jours avant le départ un plat mexicain en prenant bien soin de doubler les quantités. Je ne regrette pas cette initiative car les estomacs sont voraces et font état d’une journée d’efforts bien remplie. 


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La rivière Malbaie, vue du balcon du Geai bleu

En soirée, nos amis français nous rendent visite, eux qui avaient vécu une première journée d’expédition plutôt vive en émotions et dont l’issue s’était terminée sur le sentier à la lueur d’un briquet. Ils logent présentement au refuge le Prophète à proximité. Ils nous racontent comment ils ont apprécié leur expérience malgré une deuxième journée aussi exténuante que la première. Le poids des bagages et le choix des peaux synthétiques (sous les skis) non conçues pour les descentes auront été leurs pires ennemis. L'excursion, pour eux, s’arrête ici car ils avaient déjà prévu retourner avec notre transport de bagages du lendemain. Deux amis qui les accompagnent vont eux poursuivre jusqu’au mont Grand-Fond. 

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