Jour quatre de la traversée
Six jours d'une excursion en ski hors piste 
sur la Traversée de Charlevoix
Par Claude Côté

 Alors que nous sommes encore bien enfouis dans nos sacs de couchage, nous comprenons assez rapidement quelle peut être la couleur du ciel à l’extérieur. La mélodie des gouttes de pluie sur la toiture est prometteuse de quelques désagréments.


Cliquez sur la photo         (Photo Jacques Duval)

Au moment d’enfiler nos skis, le ciel n’a pas dérougi. Équipés de nos imperméables, nous quittons le chalet sous une pluie battante, 15 km nous séparent du confort du prochain feu de bois. Compte tenu des conditions atmosphériques, l’état de la piste est très acceptable si ce n’est que le sol est déjà à découvert à quelques endroits.


Cliquez sur la photo         (Photo Claude Côté)
La rencontre d'un gigantesque pin blanc le long du sentier

Nous quittons les rives de la rivière Malbaie pour entreprendre une longue montée le long du ruisseau Chouinard qui va nous conduire à de beaux points de vue à l’extrême est du parc des Hautes-Gorges. L’apparition, le long du sentier, d’un gigantesque pin blanc au milieu d’une vallée dégagée a de quoi surprendre. Seul géant des environs, on suppose qu’il est un observateur du milieu depuis quelques centaines d’années. 


Cliquez sur la photo         (Photo Claude Côté)
Arrêt pour la collation sous notre abri improvisé

Profitant d’une pluie moins dense, nous décidons d'un arrêt pour la collation du midi. Une toile rapidement ficelée aux branches qui bordent le sentier, permet à tous un répit aux intempéries qui ont à peine cessé depuis le départ. Dans de telles conditions, l’humour est notre meilleur soutien. Après 30 minutes d’arrêt, nous commençons à être transis. Nous éprouvons le besoin de nous remettre rapidement en route. En ski de fond hors piste, un corps en mouvement génère une source incroyable de chaleur. 


Cliquez sur la photo         (Photo Claude Côté)
Une vallée témoin de l'histoire

Nous atteignons la vallée glaciaire qui limite le parc des Hautes-Gorges à l’est. Les hauts sommets qui se dressent face à nous sont saisissants. En fait, nous contemplons ici le versant opposé des montagnes bien connues de la vallée des Hautes-Gorges. Nous sommes nous-mêmes à quelques centaines de mètres au dessus du ruisseau du pont qui coule paisiblement tout au fond de la vallée. Cette vallée est un témoin de l'histoire; c’est ici que passa une des premières routes de colonisation vers le Saguenay. En 1848, une piste d’hiver fut ouverte par une équipe d’hommes courageux et le service postal emprunta cette voie dès l’année suivante. Les voyageurs devront attendre presque 20 ans avant que ce passage ne devienne aussi un chemin d’été, car il faudra compter sur la construction de plus d’une centaine de ponts pour relier La Malbaie à la Grande Baie au Saguenay. Cette route n’existe plus, pas plus que le pont qui enjambait, à cette époque, la rivière Malbaie à proximité du Geai bleu. J’imagine le courage de ces aventuriers, l’homme des postes y compris, lorsqu'ils partaient en raquettes pour une expédition de trois jours dans ce pays de forêts et de montagnes sauvages. Comment percevaient-ils leur environnement? Ont-ils été comme nous émerveillés par la beauté du paysage? 

Après avoir croisé le mont Élie, nous quittons la vallée et les hauts sommets du parc des Hautes-Gorges. La pluie ayant maintenant cessé, le ciel semble nous préparer des conditions plus favorables. Malgré tout, le plaisir d’enfiler des vêtements secs et de profiter d’un bon feu de bois a une influence perceptible sur notre vitesse de croisière. Les kilomètres défilent à vive allure…  prochain arrêt : le chalet le Coyote.

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